Discussions Gouvernement- STT : La rencontre de la dernière chance

ag stt            Mercredi 05 juin. C’était le jour décisif indiqué par le ministre Octave Nicoué Broohm pour tout finaliser et parvenir à un accord avec  la Synergie des Travailleurs du Togo (STT). L’on pensait que cette fois, on s’acheminait vers la décrispation de la tension sociale. Les protagonistes réunis pour discuter sur les huit points qui constituent la pomme de discorde entre les deux parties, le mercredi dernier au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, le débat n’aura pas connu une avancée significative, il sera finalement reporté sur le lendemain. Le gouvernement venait encore une fois de rater le coche, donnant raison aux sceptiques et laisse présager des lendemains incertains. Les ministres Octave Nicoué Broohm, Charles Kondi Agba, Noupokou Dammipi, Brim Diabacté, Legzim Balouki ont échoué à faire avaler l’amère pilule aux travailleurs.

             Commencée à 16 heures de l’après-midi, c’est finalement tard dans la nuit que la réunion s’est terminée et les deux parties se sont quittées, faute d’un accord. Il était 23 heures quand Moctar Sow, le président du Patronat annonça aux journalistes : «  Il n’y aura pas de déclaration, vous pouvez rentrer, c’est reporté sur demain ». Il n’y aura pas de commentaires, difficile de savoir si les discussions ont évolué. Mais sur les regards des membres de la Synergie, se lisait la déception qu’ils tentaient vainement de dissimuler. Sous la pluie battante et s’abritant sous un hangar, la délégation  des travailleurs composée de Drs Gilbert Tsolényanou, Atchi Walla et Mme Nadou Lawson-Oloukounlé a fait le point de la rencontre à leurs camarades  venus pour témoigner de leur solidarité. Et c’est au sortir de ce briefing qu’ensemble, ils ont décidé de se réunir le lendemain au Centre Communautaire de Tokoin  pour rendre compte à la base.

 Sur les huit (08) points de la plateforme revendicative, le doublement de la valeur indiciaire et la révision de la grille salariale ont constitué les points d’achoppement. Pour les responsables de la STT, ce que le gouvernement propose pour le doublement de la valeur indiciaire est minime alors qu’ils exigent plus de la part des autorités. Tout porte à croire que le pouvoir veut régler les problèmes à minima et compte sur ses modes opératoires de corruption et d’intimidations pour fragiliser le mouvement. Mais les travailleurs sont déterminés à arracher  du gouvernement l’accord. « Nous voulons un protocole d’accord bien signé », ont-ils crié  lors de l’Assemblée générale extraordinaire tenue hier matin au Centre communautaire de Tokoin. Et ils n’entendent pas fléchir. Les travailleurs de Lomé comme de l’intérieur étaient appelés à se masser devant le ministère  pour faire indirectement pression sur le gouvernement à s’engager. Pas question pour eux  que les discussions d’hier soir aillent au-delà de 20 heures pour signer un accord.

 La balle est alors dans le camp des autorités si tant est qu’elles souhaitent résoudre cette crise qui perdure. Il ne sert à rien de faire du dilatoire, car la Synergie des Travailleurs du Togo a réussi à se constituer en un front solide et à créer un véritable rapport de forces. Il revient au gouvernement de s’exécuter pour éviter le pourrissement de la situation. Accord ou pas accord, les travailleurs du Togo se donnent rendez-vous aujourd’hui au lieu habituel pour définir la conduite à tenir dans les jours à venir.

Anani Galley